Bienvenue dans votre espace bien-être
Bienvenue dans votre espace bien-être
Panier 0

Les maladies neurodégénératives: un fléau du siècle

 cerveau micronutrition

Étudiant, la neurobiologie me fascinait de par son côté mystérieux rendant la compréhension du cerveau très difficile. Les neurochirurgiens savent depuis longtemps les difficultés d’intervenir et de soigner le cerveau et sans surprise, le cerveau est resté une énigme pendant des siècles, à la fois pour les biologistes et les médecins. J’ai eu la chance de travailler pendant des années sur les phénomènes cellulaires et moléculaires au niveau des neurones, en lien avec les maladies telles que la sclérose en plaque et Alzheimer. Ces maladies sont en progression et il n’y a à ce jour aucun remède, malgré plus de cent années de recherche et de nombreuses théories pour expliquer, comprendre et soigner des troubles neurologiques très sérieux pour les patients, mais aussi pour leur famille.

Entre la maladie d’Alzheimer avec un million de malades et 225 000 nouvelles victimes chaque année et Parkinson, avec 160 000 cas et plus de 10 000 nouveaux malades par an, c’est plus d’un million de Français qui souffrent des maladies neurodégénératives cérébrales. Aux USA, juste pour la maladie d’Alzheimer, on compte près de 6 millions de cas et c’est devenu la sixième cause de décès. L’OMS annonce par ailleurs que les cas de démence pourraient doubler d’ici 2030 et tripler d’ici 2050. On est bien dans un cadre pandémique des maladies neurodégénératives.

La perte régulière de la qualité de la vie se traduit par des symptômes divers, cette liste n’est pas exhaustive :

Un sens de l’orientation et de l’équilibre en baisse,
Un calcul simple devient difficile,
Des troubles de la mémoire, de la vision, de la compréhension,
De la confusion sur les lieux, le temps, les gens...
De nouveaux troubles de l’humeur,
Une écriture devenant illisible,
Une démarche malaisée, et des troubles moteurs et/ou sensorielles,
Une perte du goût ou de l’odorat, etc…


Ces dernières années, les disciplines de recherche axées sur le stress oxydatif, sur lesquelles j’avais travaillé en tant que jeune chercheur, ont été très actives pour augmenter nos connaissances sur l'importance du stress cellulaire, de la mort programmée de la cellule (apoptose) et aussi, de la reconnaissance du stress oxydatif, comme processus vitaux dans de nombreux états physiopathologiques, dont les maladies neurodégénératives. Les espèces dites réactives sont mieux connues pour leur implication dans la régulation des fonctions cellulaires. Le stress oxydatif est de plus en plus considéré comme une composante en amont de cascades de signalisations cellulaires complexes impliquées autant dans les réponses inflammatoires, que dans les troubles neurodégénératifs, tels que les maladies d'Alzheimer, de Parkinson et de Huntington, mais aussi la sclérose en plaque (MS) et la sclérose latérale amyotrophique (ALS).

stress oxydatif

Comment définir en termes simples le stress oxydatif ?

Ce dernier correspond à une agression des cellules par des radicaux libres, qu’on appelle les « espèces réactives de l'oxygène » (ERO). Ces ERO sont produits en temps normal et sont éliminés par les enzymes telles que la glutathion réductase, très importante pour le maintien d’un stress oxydatif optimal ; il s’agit en effet d’un stress souhaitable, physiologique, donc nécessaire au fonctionnement cellulaire. Le problème se pose quand nos défenses contre le stress oxydatif et les radicaux libres sont dépassées. Et les conséquences sont dramatiques pour nos cellules.

Le vieillissement du cerveau avec l’âge et les facteurs exogènes conduisent à une réduction de la qualité de vie. De nombreuses études sur le vieillissement montrent un effet délétère de l’âge sur les fonctions cognitives. Et en particulier la mémoire déclinerait à partir de l’âge de 50 ans. Le sommeil est important pour réparer le corps et consolider la mémoire dans le néocortex. La privation de sommeil, une mauvaise micronutrition du cerveau ont un impact sur la bonne santé du cerveau. Un entraînement cérébral quotidien est bénéfique à la mémoire. L’activité physique est également bénéfique pour prévenir les maladies cardiovasculaires, le cancer, ou la dépression. Le maintien de la force musculaire, de la capacité aérobie et de l’équilibre nutritionnel sont associés à une meilleure mémoire et au maintien de la sphère cérébrale.

En particulier, un excès de stress oxydatif et des attaques radicalaires qui dépassent les capacités de neutralisation de l’organisme, tout comme une insuffisance des antioxydants spécifiques au niveau du cerveau, entraînent un lent déclin cognitif. Le stress chronique cause quant à lui des pertes neuronales par une stimulation trop importante de cortisol, et par conséquent engendre un vieillissement précoce du cerveau. On doit souligner l’importance de la microcirculation et de la micronutrition du cerveau, qui si elles sont déficientes endommagent le fonctionnement neuronal, favorisent l’encrassage des cellules et limitent l’évacuation des déchets ; une hypoglycémie baisse les fonctions cérébrales tout comme une hyperglycémie, qui elle, va causer la glycation des tissus cérébraux ; ni l’une ni l’autre ne sont désirables et un équilibre doit exister pour assurer un fonctionnement normal du cerveau.

glutathion enzyme

Des enzymes et des vitamines pour nous protéger

La baisse avec l’âge de certaines molécules de DHA, de coenzyme Q10, d’omégas 3, et l’absorption réduite de minéraux, de vitamines, d’enzymes, telle la baisse de synthèse de glutathion réductase, concourent à scléroser nos cellules et précipitent le vieillissement du cerveau. La glutathion est le principal antioxydant. Découvert en 1888 par Joseph de Rey-Pailharde dans des extraits de levure, il possède un groupe thiol (-SG) contenant du soufre qui lui confère une propriété capitale pour la cellule : un donneur d’électron efficace pour régénérer les formes oxydées des enzymes antioxydants, et donc bien utile pour se débarrasser des radicaux libres. Les études montrent que des niveaux bas de synthèse en glutathion causent une progression d’un large éventail de maladies, allant de la maladie des coronaires, de l’AVC au cancer. Des concentrations réduites en glutathion dans des zones du cerveau sont associées avec la maladie de Parkinson, et aussi avec la dégénérescence maculaire. Il faut, de surcroit, prendre soin de son foie, car il est le lieu de la synthèse de ce glutathion, en assurant à lui seul le traitement de tous les déchets, le métabolisme et recyclage des molécules du corps. Le glutathion est évidemment impliqué dans la détoxification de l’organisme grâce à des réactions de conjugaison avec des médicaments, les pesticides, et autres substances. Cependant, une complémentation en glutathion est probablement insuffisante pour faire remonter les niveaux de cette molécule selon les essais, et à ce titre, il n’est pas mis en évidence un effet d’une complémentation sur les marqueurs du stress oxydatif. Si c’était si simple… Hélas non. Cela dit, les fabricants de glutathion proposent des formules permettant de faciliter son passage intestinal et d’augmenter sa concentration sanguine : le S-acétyle glutathion, en particulier, est un précurseur du glutathion qui peut être utilisé pour élever les concentrations de glutathion sous sa forme active, c’est-dire sa forme réduite, capable de régénérer des molécules oxydées.

Les chercheurs ont aussi montré que les personnes ayant peu de vitamine D dans le sang présentent plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer. Le lien entre un déficit en vitamine D et la sclérose en plaques est attesté, et le déficit en certains micronutriments constitue une hypothèse de travail intéressante, mais malheureusement négligée, dans le monde biomédical. Pas assez « bling-bling » sans doute et pas assez payant surtout… Les antioxydants alimentaires existent sous diverses formes, avec les polyphénols et les caroténoïdes en tant que les deux grands groupes de composés. Ceux-ci ont des fonctions différentes et sont produits par les plantes pour protéger les cellules végétales contre les dommages oxydatifs ; il n’est pas certain que la complémentation en vitamines en plus d’un régime alimentaire sain et équilibré soit utile. Rien ne semble se substituer à une bonne nutrition, de préférence riche en végétaux (régime crétois, ou autre à prédominance végétarienne). Le bénéfice potentiel des aliments riches en antioxydants est à prendre en compte ; en effet, ces aliments contiennent généralement une grande combinaison d’antioxydants sélectionnés, grâce à l'évolution des plantes, pour les protéger contre les dommages oxydatifs. Ceci est particulièrement pertinent en ce qui concerne les herbes et les épices. Les petits fruits et leurs polyphénols, dont ceux des myrtilles notamment, sont des neuroprotecteurs qui augmentent la libération de dopamine et améliorant la communication cellulaire in vitro. Malheureusement, les études cliniques manquent pour confirmer un bénéfice chez les malades.

métaux lourds

Métaux lourds et pathogènes

À noter aussi le rôle des toxines bactériennes ou fongiques dans le cerveau et l’exposition aux métaux lourds (aluminium, mercure, cadmium, plomb...) dans l’affaiblissement de nos fonctions cérébrales. Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer présentent dans leur cerveau plus de traces de la présence de bactéries liées aux maladies des gencives (rassemblées sous le nom de parodontite) que les personnes sans démence. Ce qui souligne l’importance de l’hygiène dentaire et d’une bonne salive protectrice pour les plus chanceux.

L’exposition chronique au mercure dans le milieu professionnel ou environnemental, l’aluminium dans l’eau du robinet, dans nos aliments, dans des vaccins, et tous les produits du quotidien (des pansements gastriques, médicaments, déodorants…) sont à éviter, car la toxicité de l’aluminium sur le système nerveux est reconnue. Ces métaux lourds affectent le système immunitaire, contribuent au stress oxydatif et peuvent ressembler aux perturbateurs endocriniens, ayant une action hormone-like, avec des effets dangereux sur nos systèmes physiologiques. Ces métaux provoquent, outre le stress oxydatif, l’apoptose (il s’agit du suicide cellulaire), les agrégations de protéines indésirables (bêta-amyloïde, Tau,…) et l’intoxication chronique entraînant les encéphalites, de la confusion, des troubles de la mémoire et de l’attention.

Les médicaments sont aussi à blâmer : en effet, la prise quotidienne de certains médicaments pendant plusieurs mois augmente le risque de démence de 30 %, et de 60 à 80 % pour un traitement de plus de 6 mois. Selon une étude américaine concernant près de 3 500 personnes, plus de 23 % des participants ont développé une démence et 80 % l’Alzheimer, suite à la prise de médicaments.

L’intestin, notre deuxième cerveau

Enfin, l’intestin, notre deuxième cerveau n’est pas sans influence sur le devenir de notre premier cerveau, et l’on émet de nouvelles hypothèses quant au rôle du microbiote, de l’inflammation chronique intestinal et de la nutrition en général, sur la santé cérébrale et la neurotoxicité. La perméabilité intestinale est un problème qui peut conduire à laisser passer des fragments de glycoprotéines d’origine alimentaire ou bactérienne ou virale, à l’origine de réactions auto-immunes et d’encrassage cellulaire. La gliadine du gluten par exemple, cause une porosité de l’intestin engendrant une augmentation de zonuline, et l’ouverture de la barrière intestinale, source d’inflammation locale mais aussi extra-intestinale. Cette porosité a un effet sur les neurones puisque des toxines, des cytokines et des stimulations nerveuses perturbent le fonctionnement des cellules nerveuses de notre cerveau ; un déficit en micronutriments va faciliter cette porosité et le passage de toxines à travers une autre barrière, la barrière hémato-encéphalique. Cette dernière protège notre cerveau des molécules et des pathogènes indésirables.

microbiote

NUTRITION anti-stress oxydatif et anti-inflammatoire

RÉDUCTION DU STRESS et FATIGUE
La réduction du stress et de la fatigue est possible avec du magnésium. Faire une cure avec 350 à 400 mg par jour de magnésium naturel ou facilement assimilable. Un déficit peut entraîner un état de fatigue chronique, des perturbations de l’humeur, et va renforcer un stress présent.

La SUPER OXYDE DISMUTASE (SOD) est une métalloprotéine enzymatique qui contient un métal dans son site actif. Fer, cuivre-zinc, manganèse (Mn) ou du nickel. On en trouve dans le melon par exemple. Une complémentation de SOD peut avoir un effet bénéfique sur les signes et les symptômes ressentis en cas de stress et de fatigue.

Le GUANARA (Paullinia cupana Kunth) est un stimulant physique et intellectuel qui permet d’avoir une meilleure réactivité du cerveau : 75 mg de guanara sont associés à des effets bénéfiques sur les performances cognitives et l’humeur.

THÉ VERT. Plusieurs tasses par jour : le EGCG du thé est un polyphénol. Prendre 300 mg par jour. VIN ROUGE (gélules des resvératrol) 250-500 mg par jour.

AMÉLIORATION DE LA MEMORISATION

Le BACOPA (Bacopa monnieri): effet antioxydant, extrait de feuilles titré à 20-55% de bacosides. Il a un effet positif sur la mémorisation, probablement par un effet antioxydant dans l’hippocampe. On peut espérer une amélioration des performances cognitives, et de mémorisation via la suppression de l’activité de l’acétylcholine estérase (AChE).

RHODIOLA : un adaptogène intéressant pour la gestion du stress.

Le ZINC est un cofacteur clé, impliqué dans l’apprentissage et la mémorisation en modulant la potentialisation à long terme.

La LÉCITHINE DE SOJA : les lécithines sont des phospholipides. La lécithine de soja est très riche en phosphatidylcholine, une source de choline indispensable à la synthèse d’acétylcholine. C’est un neurotransmetteur important dans la mémoire et l’apprentissage.


AMÉLIORATION DE LA PERFORMANCE INTELLECTUELLE et de la COGNITION
Le SAFRAN, est utilisé dans le domaine médical dans le cadre de la dépression, contre la démence et c’est un stimulateur de la mémoire. 30 mg / jour.

La DHA (acide décosahéxaénoïque) 900 mg / jour améliore les capacités immédiates et retardées, la mémoire visuelle et le raisonnement et prévient la dégénérescence neuronale. Les membranes cellulaires du cerveau sont riches en acide arachidonique et en DHA. Les acides gras polyinsaturés (AGPI) représentent 50 % de la matière grise et 70 % de la substance blanche.

MELATONINE (sécrétions hormonales, fonction oculaire, protectrice de l’endomètre et de la prostate): c’est une hormone dont la fonction va au-delà du contrôle de l’état de veille et de l’endormissement ; elle a des effets antivieillissement, des fonctions cardiovasculaires, protège la baisse de la démyélination, et améliore la fonction mitochondriale.

L’acide pantothénique (B5) a un rôle dans la performance mentale.

PHYTOTHÉRAPIE


Ginkgo biloba : c’est un puissant antioxydant, il protège le cerveau du stress oxydatif et de l’agression par excès de radicaux libres. Il a une action sur la mémoire, les bourdonnements d’oreille et les acouphènes, car ceux-ci peuvent être causés par des difficultés circulatoires au niveau de l’oreille interne. Il est utilisé pour améliorer l’humeur et le bien-être émotionnel en agissant contre la fatigue mentale. En association avec l’aubépine, il améliore l’irrigation sanguine du cerveau.

Romarin (Rosmarinus officinalis) : c’est un tonique et un stimulant psychique, avec une action contre l’insuffisance circulatoire.

Une note sur ALZHEIMER: cette maladie neurodégénérative a un lien avec le diabète. En effet, une enzyme, la IDE, sert à dégrader l’insuline en excès ; c’est la même enzyme qui détruit l'amyloïde bêta dans les neurones. Trop d’insuline à dégrader mobilise par conséquent les réserves en IDE et réduit la dégradation et l’élimination de l’amyloïde bêta (Voir protocole anti-Alzheimer du Dr. Monte pour les stades précoces de la maladie). Le protocole s’appelle ReCODE et se base sur le profil du malade et l’utilisation personnalisée des dernières connaissances en thérapie micronutritionnelle. Le Dr. Monte propose une théorie de la maladie d’Alzheimer s’appuyant sur plusieurs causes :
  • Une inflammation du cerveau causée par une mauvaise hygiène buccale, des maladies infectieuses de la bouche (champignons, bactéries spirochètes..), la parodontite. Il faut une IDENTIFICATION des pathogènes et une CORRECTION par une nutrition anti-infectieuse et anti inflammatoire.
  • Une baisse de la micronutrition du cerveau (hormones, minéraux, vitamines, etc…). Il faut une IDENTIFICATION des déficits et une COMPLÉMENTATION ciblée selon l’état du malade.
  • L’exposition aux toxines et un déficit d’élimination, va en conséquence, requérir une IDENTIFICATION des toxines, (métaux lourds) et leur CHELATION ; une nutrition planifiée détoxifiante est recommandée et il faut aussi réduire l’EXPOSITION aux polluants bien évidemment.
  • Des antécédents familiaux et les facteurs génétiques.
  • Une résistance à l’insuline : le trop d’insuline dans le sang peut préfigurer un risque d’Alzheimer.
  • Les aliments à index glycémique bas. Éviter les sucreries, le sucre et les gras saturés des produits d’origine animale, qui en contiennent beaucoup. Végétaliser son alimentation est un élément clé d’une alimentation qui protège le cerveau et prévient la dégénérescence cellulaire.

    À signaler qu’un régime cétogène peut avoir des effets bénéfiques mais n’est pas recommandable sur le long terme, car il est déséquilibré. On peut l’associer à 16 heures de jeûne, jusqu’au midi depuis la veille au soir (voir les travaux du Dr. Bredesen). Le jeûne permet d’induire une légère cétogénèse qui est bénéfique pour la santé du cerveau.

David Ruffieux


Article précédent