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Le silence du papillon: la thyroïde

thyroide

Une thyroïde déréglée peut nuire à notre santé

La thyroïde est cette glande en forme de papillon qui œuvre en chef d’orchestre de notre métabolisme cellulaire. La glande est située sur la face antérieure de notre cou. Son dysfonctionnement va ralentir tout l’organisme : fatigue, frilosités, constipation. Une visite chez le médecin et une analyse sanguine pourront permettre de lever le voile sur les hormones relatives au fonctionnement thyroïdien et révéler rapidement un diagnostic. La glande thyroïde est une partie importante du système endocrinien qui produit un ensemble d’hormones régulant la croissance et le développement, les fonctions sexuelles, le métabolisme, la reproduction et l’humeur aussi. Il n’y a pas une cellule du corps qui n’est pas soumise à l’influence des hormones thyroïdiennes.

On comprend mieux qu’un dysfonctionnement de cette glande peut avoir de sérieuses conséquences pour notre bien-être. Un fait important est que la glande thyroïdienne est finement régulée par des centres nerveux cérébraux, l’hypothalamus d’abord, qui sécrète une TRH (Thyroid releasing hormone) stimulant l’hypophyse ensuite, qui largue dans la voie sanguine la TSH (Thyroid stimulating hormone ou thyréostimuline). La TSH stimule la production de T4 qui devient ensuite la T3 active, l’hormone qui agit sur nos cellules. Fait particulier cette T4 provient de l’absorption par la glande thyroïde de l’iode qu’on retrouve dans certains aliments, spécialement les poissons, fruits de mer, le sel iodé naturel ou autre sources. Cette T4 contient 4 atomes d’iode, et nos cellules thyroïdiennes sont les seules cellules capables de fixer l’iode; c’est un fait extraordinaire dans le monde vivant, et à ce titre, un déficit en iode conduit à un déficit en hormones thyroïdiennes : on parle d’hypothyroïdie. Au contraire, dans certains cas pathologiques, lorsque la glande est hyper stimulée pour fabriquer un excès d’hormones, on parlera d’hyperthyroïdie.

Hashimoto

Les formes les plus courantes de maladies thyroïdiennes sont :

  • la thyroïdite d’Hashimoto (hypothyroïdisme auto immun)
  • la maladie de Grave (hyperthyroïdisme auto immun)
  • l’hypothyroidisme non-auto immun
HASHIMOTO


Lorsque le niveau d’hormones dans notre corps est bas, il est détecté par l’hypothalamus qui stimule l’hypophyse et va permettre de stimuler la production de T4. Mais ce système endocrinien peut faiblir suite à une production d’auto-anticorps qui attaquent nos cellules thyroïdiennes. C’est le cas dans la maladie d'Hashimoto ; lorsque le tissu thyroïdien est attaqué par notre système immunitaire, considéré comme du non-soi, la glande commence à moins bien fonctionner, les niveaux d’hormones faiblissent. La glande commence à fabriquer plus d’hormones par un effet de compensation qui, pourtant, ne durera pas. Les symptômes les plus courants d’un hypothyroïdisme auto immun ou non, sont une perte du contrôle de la température, de la fatigue, une prise de poids, un manque d’énergie, constipation, déprime et de nombreux autres troubles liés avec un métabolisme déréglé.

Les causes d’un hypothyroïdisme sont nombreuses : alimentation déficiente, en iode notamment, une mauvaise absorption des nutriments, la présence de toxines, la génétique, des troubles endocriniens et auto immuns. Selon l’Institut national du diabète et des maladies digestives et rénales des USA, d’autres conditions sont souvent associées avec Hashimoto, par exemple : l’arthrite rhumatoïde, le diabète de type 1, la maladie d’Addison, l’anémie pernicieuse, la maladie cœliaque, l’hépatite autoimmune. La variété des symptômes et troubles associés peut rendre particulièrement compliqué un diagnostic thyroïdien. Un hypothyroïdisme non traité peut conduire, selon la Mayo Clinic aux USA, à une croissance de la glande thyroïde (un goitre), des problèmes cardiaques, un cholestérol élevé, l'hypertension, des maux de tête, une perte de libido et autres conditions qui réduisent la qualité de vie, surtout chez les femmes qui sont plus à risque que les hommes.

Un conseil, soyez toujours à l’écoute de votre corps et enregistrez les petites variations de votre santé au quotidien, sur un cahier si nécessaire, jour après jour, ce sera très utile le jour du diagnostic, car ce sont ces variations qui indiquent un changement possible de fonctionnement thyroïdien à prendre au sérieux le plus tôt possible. La pente de la prise en charge future en sera moins raide à remonter. C’est valable d’ailleurs pour d’autres troubles, il faut s’écouter et qui d’autre que vous peut mieux le faire ?

algues iode
Les algues sont des sources d'iode

Et d’un point de vue de la micronutrition?

Que peut-on dire de l’iode dans cette histoire ? Il semble y avoir deux écoles de pensée. Celle qui consiste à croire que l’iode peut-être un facteur de toxicité, spécialement l’apport complémentaire d’iode, et surtout lorsque l’apport en sélénium est insuffisant, puisque les études montrent que le sélénium dans des proportions physiologiques a un effet protecteur de la thyroïde contre des effets toxiques de l’iode. La juste combinaison d’iode et de sélénium, d’origine alimentaire, et non pas sous forme de sel de table (une piètre source d’iode, en vérité...) semble être utile pour prévenir la maladie d'Hashimoto.

C’est la version officielle qui fait consensus ou presque en médecine. L’autre école de pensée réfute l’idée que l’iode est toxique à des doses supérieures aux doses journalières recommandées. C’est précisément un déficit en iode, très mal évalué par la médecine officielle, qui serait le résultat d’un hypothyroïdisme latent, en progression. L’action de l’iode, si vitale, serait d’ailleurs entravée par notre exposition aux polluants environnementaux très tôt depuis la conception. C’est la théorie défendue dans le fameux The Iodine Project, un travail de médecins tels que Guy E. Abraham, David Browstein et Jorge Flechas, pionniers et éducateurs de la thérapie moderne par l’iode, entre autres.

Le Docteur Guy Abraham, professeur à la faculté de médecine de l’université de l’UCLA aux Etats-Unis, avait remis en doute la toxicité de l’iode, ce qu’on appelait en son temps, dans les années 1960,  « l’effet Wolff-Chaikoff (WC)» validé aujourd’hui par les manuels de médecine. L'effet WC ​​est censé être l'effet inhibiteur des niveaux d'iodure inorganique périphérique égal ou supérieur à 0,2 mg / L sur l'organification de l'iodure par la thyroïde, dans la glande de rats (modèle de l’étude) entraînant supposément une hypothyroïdie et un puis goitre. D’après le professeur, ces rats ne sont jamais devenus hypothyroïdiens et les hormones thyroïdiennes n'ont pas été mesurées dans leur plasma. Néanmoins, l'effet WC, qui ne s'est même pas produit chez les rats, a été extrapolé à l'homme et validé du jour au lendemain, sans autre forme de procès. La validité des extrapolations des modèles expérimentaux sur le rat ou la souris, pour informer la médecine humaine, est souvent similaire à un jeu de pile ou face, ou pire, ces extrapolations peuvent s’avérer très hasardeuses et dangereuses.

Et le cas de l’iode n’est pas un fait unique dans le chapitre chaotique de l’histoire de la médecine. L’iode était alors un remède bien connu qui soudainement devenait suspect suite à ces travaux sur les rats. Comme Guy Abraham le dit lui-même : « La mentalité iodophobe a empêché les recherches complémentaires sur les besoins en iode inorganique non radioactif par l'ensemble du corps humain, qui se révèle être 100 à 400 fois la RDA (dose recommandée journalière) très récemment établie… ». Pour aller plus loin dans la recherche sur l’iode, je recommande la lecture de la Crise de l’iode par Lynne Farrow, qui explique le rôle de l’iode et le procès qui lui est souvent fait en dépit du manque de preuves de la dangerosité de l’iode, de la méconnaissance institutionnelle de l’iode, et pire encore, de l’oubli de son utilisation thérapeutique, mise au banc injustement.

Pour des auteurs comme le docteur David Browstein, médecin holistique, l’augmentation des maladies chroniques pourrait être expliquée par des carences et des déficits chroniques en nutriments essentiels et par des déséquilibres hormonaux, de plus les expositions aux produits toxiques de l’environnement contribuent à un effet cocktail néfaste pour la santé. Il est beaucoup plus facile, par ailleurs, de donner un médicament pour couvrir temporairement un symptôme, que de comprendre et de traiter la complexité diffuse des effets multiples et synergiques des facteurs environnementaux à l’origine des maladies de civilisation ; et plus rentable pour l’industrie du médicament, il va sans dire.

La vérité est que, souvent, les médecins sont précipités dans leurs tâches journalières et sont peu enclins à remettre en cause les recommandations officielles des comités de santé d'Etat, basées, on aimerait le penser, sur des faits et des preuves à jour avec les dernières avancées scientifiques. De plus, en France, le risque de sanctions est réel pour les médecins et n’incite pas à sortir des sentiers battus de la médecine officielle. Beaucoup de patients et de professionnels de santé pourront en témoigner. Il n’est donc pas étonnant de voir l’intérêt croissant du public pour les médecines complémentaires ou holistiques, la naturopathie par exemple, ce qui correspond aussi à une méfiance envers la médecine officielle, criblée d’une part, par des conflits d’intérêts et d’autre part, par les scandales sanitaires à répétition : l’épisode du coronavirus aura peut-être convaincu les derniers sceptiques sur la gestion politique de la santé publique de ce pays.

Revenons à la thyroïde. Selon l'enquête SUVIMAX, nos apports en iode ont tendance à diminuer avec l'âge, avec les risques de carences qui augmentent pour toucher un quart des personnes de plus de 55 ans. Il faut, selon les recommandations journalières, un minimum de 150 microgrammes d’iode. Un peu moins pour les enfants, un peu plus pour les femmes enceintes, mais ces recommandations sont certainement sous-estimées. Les algues, par exemple, sont de précieuses sources d’iode, si bien, qu’il n’est plus permis d’être en déficit pour un végétarien attentif. La crainte d’un déficit chez les populations végétariennes est une constante dans ce qui se lit et s’écrit dans ce pays malheureusement.

Cette inquiétude est évidemment basée sur le principe de précaution, mais ne reposant sur rien de plus que cela précisément. Un végétarisme ou un véganisme bien fait est sans déficit, ni carences à tous les âges, chez la femme enceinte ou allaitante (sauf pour ceux et celles qui n’ont pas étudié le sujet, ce qui correspond à quasiment l’ensemble du corps médical français, hélas). Certains aliments pourraient empêcher le passage de l'iode dans le corps, encore faut-il en consommer beaucoup, ce qui est pratiquement peu réaliste; on cite notamment la famille des crucifères et le soja, ce pauvre soja sur lequel, tous les fantasmes sont autorisés. L’iode, qui était un fortifiant alimentaire dans les aliments comme la farine ou le sel de mer, est retiré, ce qui a accentué les déficits dans les populations vivant dans des régions pauvres en iode. On l’oublie, mais l’iode était utilisé au début du XXe siècle pour traiter la syphilis, la scarlatine, le goitre évidemment, la dépression, les douleurs au sein, la malaria, les rhumatismes, les douleurs abdominales, et plus encore. Le sel iodé est une très mauvaise source d’iode, car l’activité de l’iode est divisée par deux dès sa préparation, il s’évapore, il ne reste que 10 % assimilable, et le sel doit être consommé avec modération…

En outre, l’effet des polluants, dont les dérivés bromés, interfèrent avec l’absorption de l’iode par les organes dont la thyroïde, ce qui nous incite à penser que les doses journalières recommandées sont insuffisantes comme pour celles de la vitamine D, par ailleurs. Voilà, l’apport de la micronutrition, cette discipline va permettre de rééquilibrer des minéraux et des vitamines dont les doses prescrites reposent sur de la mauvaise science ou des décisions hâtives, qui ne prennent pas en compte les différences entre individus, ni les expositions aux facteurs environnementaux.

végétarisme
Les crucifères ont mauvaise réputation mais sont riches en nutriments, il serait dommage de s'en passer.

La nutrition

En ce qui concerne Hashimoto, un dosage d’anticorps anti-thyroïdiens et anti-thyroperoxydase atteste de la maladie, outre une approche médicalisée, substitutive, il est bon d’apporter tous les nutriments nécessaires au fonctionnement de la thyroïde :

    • La nutrition végétalisée est recommandée, avec une alimentation à base d’aliments complets, sans pesticides donc biologique, en limitant l’excès de soja et de crucifères, comme vu plus haut.
    • Eviter les sources de métaux lourds (grands poissons de type saumons, thons, etc..).
    • Diversifier les couleurs et les saveurs des aliments.
    • Le gluten peut stimuler une réponse immunitaire dans l’intestin et une sensibilité au gluten peut être liée aux problèmes thyroïdiens.
    • Réduire les mauvais sucres et graisses, comme procédure standard ; ils doivent être enlevés de l’alimentation, de manière générale.
    • La caséine du lait est un allergisant du système digestif qui peut être lié avec l’hypothyroïdie ; il est préférable de retirer les produits laitiers, qui ne sont aucunement indispensables à une bonne santé, sauf pour la filière industrielle laitière française et la survie de grands groupes comme Danone ou Lactalis.
    • En 2001, une étude publiée dans Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism a souligné une augmentation de l’hypothyroïdisme chez des individus prenant des produits à base de soja : 66 patients montrant des signes pré-cliniques d’hypothyroïdisme, soumis à 30 g de protéines de soja, avec 2 ou 16 g de phytoestrogènes pendant 8 semaines furent étudiés. Résultats : le groupe avec 16 g de phytoestrogènes montrent trois fois plus d’hypothyroïdisme clinique, avec cependant, un meilleur profil de résistance à l’insuline, de la hsCRP et une meilleure tension sanguine dans ce groupe.
      Un article ne fait pas le printemps de la science.
    • On doit insister sur les bienfaits des fibres, ce qui va améliorer le métabolisme des sucres, des lipides et du cholestérol notamment, un meilleur transit intestinal et une flore intestinale plus forte. Renforcer le terrain intestinal est une bonne stratégie de base.
    • Une source de sélénium est importante pour le fonctionnement de la thyroïde et l’interaction avec l’iode et d’autres éléments font l’objet de recherches. Le sélénium a un effet protecteur et agit de concert pour le fonctionnement normal de la thyroïde, en limitant l’action de l’iode. Les noix du Brésil sont riches en sélénium, présent dans les sols, une noix par jour est une recommandation à suivre.
    • Eliminer tout déficit en vitamines B, D, zinc, magnésium, rechercher un déficit par une analyse sanguine. Une étude de 2013 publiée dans International Journal of Health Sciences souligne une relation entre l’hypothyroïdisme et un déficit en vitamine D. La vitamine D est si importante, agissant sur plus de deux cents gènes connus, comme stéroïde agissant au cœur de la cellule, qu’il est vital d’avoir son quota journalier de vitamine D ; son déficit est lié avec beaucoup d’autres maladies, telles que les infections au coronavirus, l’ostéoporose, la sclérose en plaque, pour en citer quelques-unes.

    Hyperthyroïdie

    La maladie de Basedow est une forme d’hyperthyroïdie auto immune qui entraîne une stimulation exacerbée de la production des hormones thyroïdiennes, sous l’effet d’anticorps. Cette maladie s’accompagne de troubles divers, de palpitations, de tremblements, un pouls irrégulier, une diarrhée, les globes oculaires sortent des orbites (en cas de maladie de Basedow) sont un signe distinctif et puis un goitre.

      Le médecin prescrit un médicament de la famille des antithyroïdiens qui bloque la synthèse des hormones thyroïdiennes. En deuxième lieu, l’iode radioactif va bloquer les sites de la glande thyroïdienne en diminuant sa production d’hormones. La chirurgie consiste à enlever une partie de la thyroïde avec pour conséquence l’apparition d’une hypothyroïdie.

      Certains symptômes de l’hyperthyroïdie comme les palpitations ou les tremblements sont traités avec des médicaments bêta bloquants agissant sur le rythme cardiaque.

      En conclusion, le terrain est essentiel pour prévenir et mieux vivre avec des troubles de thyroïde. En effet, la maladie thyroïdienne est souvent liée à un dérèglement du système immunitaire par une agression virale, toxique et/ou une mauvaise alimentation déficitaire, et elle touche 10 à 20 fois plus de femmes que d’hommes. De plus, le caractère auto-immun fait que le malade est plus à risque de développer d’autres pathologies.

      La micronutrition peut vous aider à renforcer l’immunité, combler les déficits, détoxifier le corps, renforcer la sphère digestive et apporter un soutien aux troubles et symptômes causés par une thyroïde affaiblie. La micronutrition, avec l’aide d’un médecin traitant, peut naturellement aider des individus malades à compléter leur prise en charge médicale.

      David Ruffieux


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