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Le scandale sanitaire du coronavirus

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Le scandale sanitaire du coronavirus

La pandémie de COVID-19 est loin d’être terminée et elle reviendra, nul doute, avec un autre virus. En effet, les virus reviennent depuis 50 ans, régulièrement, à travers des épidémies qui naissent pour la plupart dans le monde sauvage, puis se répandent chez les animaux domestiques, dans les élevages, et enfin chez l’Homme, voyageant au rythme de la mondialisation, des avions et de la logique marchande. L’une des premières questions qui m’interpellent dans le traitement de l’information à ce sujet, c’est le manque de compréhension ou plutôt le manque de désir de compréhension des origines de ce virus et des causes de sa propagation. En creusant un peu le sujet, j’en tire ces quelques constats.

Derniers chiffres en date sur la pandémie mondiale du moment, le coronavirus COVID-19, en provenance de Chine, a infecté 320 000 personnes, fait 14 000 morts dans le monde au 23 mars 2020. Près d’un milliard de personnes sont bloquées, confinées chez elles ; la psychose s’est emparée d’une bonne partie des populations, soumises aux restrictions instaurées par des Etats souvent dépassés par la vague infectieuse. L’Italie paie un lourd tribut avec 5 476 décès, connaissant ainsi le scénario catastrophe si redouté, c’est-à-dire le dépassement de ses services de santé, son manque de personnel et la mort. La France, l’Espagne et le monde sont en train de suivre le même scénario.

Alors que tous les médias sonnent le glas dans nos chaumières et que l’information s’enchaîne et se déchaîne dans un déferlement incessant de chiffres et d’analyses d’observateurs et de spécialistes, de vérités et contre-vérités, nous sommes face à une situation déjà vue, qui était pourtant prévisible et reste à ce jour assez bénigne. En effet, ce n’est pas la première fois que des pathogènes infectieux frappent les populations humaines.

On se rappelle que la peste au Moyen-Age avait tué la moitié de la population européenne en cinq ans, soit 25 millions de personnes. Plus récemment, la grippe espagnole de 1918, due à une souche H1N1, a fait entre 20 et 50 millions de morts dans le monde. Voici quelques exemples pour illustrer mon propos et aussi pour faire apparaître un fait, pourtant saillant, que les médias obsédés par l’instantanéité et le sensationnel de l’information se gardent d’évoquer : notre addiction pour la viande et la destruction des écosystèmes par l’élevage, et son lien direct avec les infections virales. Considérons ce qui suit :

  • Le virus MERS de 2012, en provenance d’Arabie saoudite : 2494 infectés, 858 morts et un taux de mortalité de 35%, son vecteur: le dromadaire.
  • Le virus H7N9 (grippe aviaire) de 2013, en provenance de Chine : 1568 infectés, 616 morts et un taux de mortalité de 39%, son vecteur : la volaille.
  • Le virus H1N1 de 2009  en provenance des USA et du Mexique : plus de 1 milliard infectés, entre 123 et 200 000 morts et un taux de mortalité de 0.01%, son vecteur : le cochon.
  • Et puis la grippe saisonnière annuelle : 1 milliard d’infectés, entre 260 et 650 000 morts et un taux de mortalité de 0.01%, les vecteurs ici sont encore les cochons et les volailles.

 coronavirus zoonose

      Du coronavirus à notre assiette, le lien qui dérange

C’est à Wuhan où émergent les premiers cas de coronavirus, et très vite les soupçons pèsent sur plusieurs vecteurs ; la chauve-souris d’abord et le pangolin, ce dernier est l’un des animaux les plus braconnés au monde pour la consommation de sa chair. D’ailleurs, le pangolin, cet animal à écailles en voie d’extinction va susciter l’intérêt des virologues et des biologistes. Le marché aux animaux sauvages de Wuhan, en Chine, outre la cruauté de ses commerces, serait l’épicentre de l’infection, et le contact des populations avec ces animaux serait la cause probable de la propagation du virus qui concerne le monde aujourd’hui.

Pourtant, deux épidémies humaines liées au coronavirus avaient déjà suscité la peur, avec le SRAS-CoV de 2002 parti de Chine avec 774 décès dans le monde. Le MERS ensuite, en 2012, qui sévit encore en Arabie saoudite avec une diffusion locale assez faible. Ce qui nous importe, c’est de savoir qu’on retrouve de dangereux pathogènes chez les animaux sauvages tels les oiseaux, les civettes, les pangolins, les chats, le cochon, et que ces pathogènes peuvent sauter la barrière d’espèce. Et plus intéressant encore, quand les virus se plaisent à muter et à passer d’un humain à un autre, répandant le chaos après leur passage.

Il s’agit d’un nouveau virus dont l’origine est animale de toute évidence. Certes, des spéculations tendent à accuser un complexe biomédical P4 de Wuhan, fruit d’une collaboration entre les scientifiques chinois et français dès 2003, d’avoir semé le virus par erreur. On trouve dans ce complexe de haute sécurité des animaux infectés par les plus dangereux pathogènes. Une fuite d’une petite chauve-souris refusant la vivisection est toujours possible ; pire on envisage aussi la revente d’animaux du laboratoire par des employés au marché de Wuhan à quelques kilomètres, ce qui est pratique. Alors que les Français se précipitent chez les bouchers, sous les exhortations d’un ministre de l’Agriculture sous tutelle de la FNSEA, et qu’ils remplissent de papiers toilette leurs caddies, par solidarité nationale, la Chine a fait fermer le 22 janvier tous ses marchés exotiques de manière autoritaire, dans un effort national d’endiguer l’infection, en attendant, je cite « une législation contre l’élevage et la consommation des animaux sauvages ».  

C’est a priori en fermant ces marchés et donc en réduisant au mieux la consommation des animaux qu’on peut prévenir la propagation de certains virus. Dans le cas d’Ebola et du SIDA, l’enquête des scientifiques a mené au singe comme réservoir du virus, après de longues années d’investigation. Savoir l’origine du virus peut nous aider à prévoir des mesures sanitaires et à agir dans l’urgence pour protéger nos populations si friandes, hélas, de chair animale.

On pourrait passer de nombreuses années à étudier tous ces virus, cartographier les agents infectieux et faire un inventaire long, fastidieux et probablement inefficace pour éviter la prochaine zoonose, c’est-à-dire une maladie infectieuse capable de passer la barrière d’espèce. Nous pourrions détruire en même temps et par prévention toutes les chauves-souris, les pangolins et les civettes et toute la Création, au moindre soupçon de maladies infectieuses, dans les marchés et les fermes industrielles ; on se souvient de la vache folle et de ces milliers de bovins alignés qui brûlaient dans la campagne anglaise. Plus récemment on peut voir, dans les réseaux sociaux, des images de fosses communes dans lesquelles des milliers de cochons chinois ou coréens sont enterrés vivants en hurlant d’épouvante.

Les scientifiques nous alarment depuis des décennies sur les risques des zoonoses pour les populations. La biologiste Laura Kurpiers rapporte avec son équipe de chercheurs que 75% des maladies infectieuses trouvent leur origine chez les animaux et qu’elles se propagent au hasard de nos interactions avec eux. En outre, l’OMS alerte les pouvoirs publics sur le risque de l’antibiorésistance (le fait que des pathogènes virulents ne répondent pas à l’antibiothérapie) qui pourrait tuer plus de 10 millions d’humains d’ici à 2050. La déforestation et la destruction de la biodiversité sont en train de bouleverser tous les équilibres écosystémiques avec de graves conséquences pour les humains. L’élevage est non seulement une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique, mais il occupe, avec ses cultures nourricières, 80% des terres agricoles, détruisant la biodiversité, rasant les forêts, multipliant les probabilités de zoonoses. Les « points chauds » vont finir par brûler l’humanité à un degré inconnu jusqu’aujourd’hui.

cochon coronavirus

Le Covid-19 est un plat qui se mange froid

La Terre y survivra mais pas nous. Les problèmes causés par notre addiction à la viande soulignent d’un grand trait les enjeux pour l’avenir: réchauffement climatique, pénurie en eau, déclin de la biodiversité et zoonoses hors de contrôle. Et ne comptons pas trop vite sur le  vaccin qui sauvera l’humanité contre  le prochain virus; la réalité est beaucoup plus prosaïque du côté de la science lorsqu’on connaît les difficultés à trouver un vaccin efficace pour mettre en place une politique de vaccination sérieuse. Les vaccins ne devraient pas inciter à la désinvolture ni à l’arrogance, mais à la prudence et à l’humilité.

Certains ne mesurent pas complètement l’ampleur des problématiques ni la lenteur, voire l’indifférence des pouvoirs publics, notamment dans les pays occidentaux, tous poussés dans une course à la croissance que beaucoup voient suicidaire pour la santé du monde. Peut-être que nos appétits devront se modérer pour espérer une vie normale. Le confinement qui touche la nation française, conséquence de l’incroyable incurie de nos dirigeants, sera peut-être l’occasion de repenser notre rapport au vivant.

Cette épidémie, très mal gérée par nos élites technocratiques, est notre chance de repenser l’agriculture et le commerce. Cette crise est notre chance d’apprendre à ne pas trop mépriser la Nature, à un niveau qui n’est plus tenable. Car la Nature aura le dernier mot. Nous avons le choix de ne pas favoriser des productions excessives et une consommation brutale qui nous conduisent droit dans le précipice, d’après les études scientifiques les plus sérieuses. Allons-nous écouter leur appel ? Non pas l’appel des amateurs en poste dans les ministères, mais celui des vrais spécialistes de terrain qui sondent les toussotements subtils de la Terre. Car tous ces petits bruits, ces plaintes, ces sanglots convergent vers la même conclusion logique : notre mode de vie, nos élevages, nos déprédations et notre consommation de chair animale ne sont plus viables. Le coronavirus est un autre avertissement fort de la crise écologique qui sera sans pitié. Entendons-le et agissons.

 

David Ruffieux


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